Les Groupes de pression soutenus par l’Etat au mépris de la laïcité

Sans l’influence exercée par des groupes comme l’ADFI et le CCMM, la commission d’enquête parlementaire sur les “sectes” ou la loi “About-Picard” auraient probablement eu du mal à voir le jour.

Ces associations se donnent une fausse image d’organismes privés, mais sont financées, les unes comme les autres, en majorité par des fonds publics.

Le bilan financier de l’Union des ADFI pour l’année 2000, obtenu grâce à la loi sur l’accès aux documents administratifs, montre que les cotisations de ses membres ne représentent que 19 884 francs (3031 €) alors que le montant des subventions s’élève à 2 325 000 francs (354 444 €) (voir planche 14).
Les subventions publiques viennent de différentes sources 750 000 francs (114 336 €) du Ministère des Affaires sociales 350 000 francs (53 357 €) du Ministère de 1’Education; 200 000 francs (30 490 €) du Ministère de la Jeunesse et des Sports ; 200 000 francs (30 490 €) du Ministère de la Justice 25 000 francs (3 811 €) du Ministère de la Défense nationale ! Si l’on se réfère à son bilan de l’année 2000, le CCMM a reçu 1 640 000 francs de subventions pour seulement 84 179 francs de cotisations de ses membres, soit un taux de subventions publiques de 95% ! En outre, sous la présidence de M. Vivien à la MILS, son épouse, directrice administrative du CCMM, aurait obtenu 4,5 millions de francs (686 000 €) de deniers publics pour acheter le nouveau siège du CCMM.

Un lobby européen

Ajoutons à cela que l’ADFI et le CCMM font partie d’une organisation cadre, connue sous le nom de Fédération Européenne des Centres de Recherche et d’Information sur le Sectarisme (FECRIS), qui bénéficie également de subventions de l’Etat français. Le rapport annuel 2001 de la MILS indique que les représentants de la MILS “rencontrent régulièrement” la FECRIS basée à Paris, une fédération comptant à travers l’Europe 37 organisations affiliées. L’ADFI a joué un rôle dominant dans la création de la FECRIS en réunissant à son siège pour cette création, en février 1994, des groupes européens similaires.
Selon une communication non datée faite sur Internet au nom du président de la FECRIS, Main Vivien a tenu à faire part de ses remerciements pour les subventions accordées par l’Etat français à la FECRIS afin de lui permettre de poursuivre son travail au niveau européen.

Dans le passé, certains représentants de premier plan d’organisations membres de la FECRIS ont été impliqués dans l’enlèvement et la “déprogrammation” violente de membres de minorités religieuses pour les contraindre à renoncer à leurs croyances religieuses. Malgré tout, la FECRIS cherche à obtenir un statut consultatif auprès de l’Union Européenne et du Conseil de l’Europe.

Les déclarations de la FECRIS font froid dans le dos : dans un message posté sur l’Internet décrivant la conférence de la FECRIS du 9 juin 2001, la FECRIS classe la seule existence d’une “secte” comme une “forme très grave de criminalité”. Le simple fait d’appartenir à une minorité religieuse visée par la FECRIS serait donc un délit pénal.

Concernant la loi “About-Picard”, la FECRIS déclare qu’ “il ne s’agit pas d’une loi spécifique aux sectes mais aux comportements sectaires, et tous les comportements sectaires (familles, entreprises...). Aucune explication n’est donnée sur ce que pourrait être une “famille sectaire” ou quelles seraient les conséquences pour une famille qui tomberait sous le coup de la loi “About-Picard”, qui prévoit la dissolution des “groupes sectaires”. La FECRIS expose ensuite une stratégie pour la mise en place à travers l’Europe de lois similaires à la loi ‘About-Picard”, demandant à ce que “chaque Etat accepte de modifier sa propre législation sur le problème de la dérive sectaire”.

C’est ainsi que l’on nous dit, avec une arrogance caractérisée, que “Le gouvernement du Royaume-Uni reste peu enclin à entreprendre une action contre les sectes parce qu’il ne comprend pas convenablement le véritable objet de l’article 9 de la Convention européenne des droits de l’homme sur la liberté de croyance. La police ne comprend pas la notion de secte (...). La “Charity Commission” ne comprend pas la notion de secte et en arrive à reconnaître à des sectes le statut religieux (...)“.

Le modus operandi de la FECRIS s’apparente aux pratiques de l’ADFI, du CCMM et de la MILS : des allégations scandaleuses, faites d’amalgames, sont proférées sans le moindre effort pour les justifier. Par exemple, la FECRIS déclare sur son site WEB que “à ce jour, d’importantes organisations telles que la Commission Européenne, le Parlement Européen, le Conseil de l’Europe, l’ONU, l’OSCE sont souvent infiltrées par les sectes.” Mais cette affirmation gratuite n’est étayée par aucune preuve.

Une propagande financée par l’Etat

L’ADFI et le CCMM dépensent les deniers publics dans des campagnes de propagande à travers les médias contre certaines minorités religieuses afin de créer une apparence d’ “inquiétude des populations”. Une telle “inquiétude” n’existe pas ; si c’était le cas, l’ADFI et le CCMM n’auraient pas besoin des injections massives de subventions publiques pour survivre parce qu’elles bénéficieraient d’importants dons provenant de sources privées. Une cause nationale, perçue comme telle par l’opinion, n’a jamais de mal pour récolter d’importantes sommes d’argent. Avec les associations comme 1’ADFI et le CCMM, on est loin de cette situation. Leurs propres déclarations montrent que les revenus provenant des cotisations de leurs membres sont négligeables.

Nous constatons que l’ADFI et le CCMM ont paradoxalement financé leur lobbying pour faire voter une loi liberticide grâce à des subventions publiques. Nous assistons ainsi à l’extraordinaire spectacle d’un gouvernement en train de faire lui-même du lobbying contre les minorités religieuses par groupes de pression interposés — une pratique hautement discutable si ce n’est illégale pour une République dont la laïcité est inscrite dans sa Constitution.

Toutes ces actions ont eu pour conséquence une vague de persécutions et de harcèlement contre les minorités religieuses et leurs membres.